Ski et genoux : impacts sur la santé, précautions à prendre

5 février 2026

Homme en ski ajustant son genou dans la neige

Près de 30 % des blessures sur les pistes concernent l’articulation du genou, avec une prédominance des entorses du ligament croisé antérieur chez les skieurs adultes. Malgré les progrès des équipements de sécurité, ce chiffre reste stable depuis dix ans, défiant les attentes des professionnels de santé.

La majorité de ces traumatismes surviennent lors de chutes à vitesse modérée, souvent pendant la première ou la dernière descente de la journée. Prise en charge rapide, préparation physique spécifique et adaptation du matériel constituent aujourd’hui les leviers les plus efficaces pour limiter leur gravité et favoriser un retour sur les skis dans de bonnes conditions.

Pourquoi les genoux sont-ils particulièrement exposés lors de la pratique du ski ?

Sur les pistes, le genou occupe une place centrale. Il subit des contraintes inhabituelles propres au ski, loin de celles rencontrées dans d’autres disciplines hivernales. Positionné entre la cuisse et la jambe, il encaisse chaque mouvement : torsions, flexions, extensions, surtout en virage serré ou sur un terrain inégal. Les ligaments croisés tamponnent ces tensions, stabilisent l’ensemble, mais un appui mal contrôlé ou une rotation brusque suffit parfois à tout faire céder.

Côté ski alpin, la sollicitation est bien supérieure à celle du ski de fond, en raison du blocage du pied et de la vitesse. Un appui maladroit, une chute ou la réception d’un saut poussent le genou à ses limites. La neige, quant à elle, brouille toujours les cartes. Dure, glacée ou poudreuse, elle change en permanence la façon dont le matériel réagit, et donc la manière dont l’articulation encaissse.

Plusieurs éléments augmentent la vulnérabilité des genoux à la blessure lors du ski :

  • Une préparation physique bâclée, notamment un manque de force dans les jambes,
  • La fatigue qui s’accumule au fil des journées en altitude,
  • Matériel non adapté ou réglé au hasard,
  • Mauvaise météo ou visibilité altérée.

Face à ces risques, le genou paie souvent le prix fort lors de chaque descente. Soigner cette articulation passe par des gestes et des choix qui se préparent bien avant de poser les skis sur la neige.

Les blessures du genou les plus fréquentes sur les pistes : comprendre les risques

Impossible de passer à côté : la rupture du ligament croisé antérieur, le fameux LCA, domine le palmarès des accidents de ski. Ce ligament relie fémur et tibia, et cède fréquemment lors d’une rotation violente ou d’une chute sur neige compacte. Les données issues de l’accidentologie des sports d’hiver confirment sa première place, devant les entorses plus légères ou les atteintes méniscales.

Le LCA s’accompagne souvent d’autres lésions : rupture du ligament collatéral médial, entorses du ligament croisé postérieur, lésions méniscales. Ces blessures surgissent après un atterrissage raté, un ski qui se coince dans une neige collante ou un choc latéral. Le ski alpin concentre l’écrasante majorité de ces accidents, beaucoup plus que le ski de fond, à cause de la rigidité des fixations et de la vitesse.

Voici les blessures du genou qui reviennent le plus souvent sur les stations :

  • La rupture du LCA, typiquement lors d’un mouvement de torsion mal contrôlé, avec ce craquement sec et cette sensation que plus rien ne tient.
  • Les lésions méniscales, qui provoquent douleurs, blocages ou gonflements, souvent après une flexion extrême ou une mauvaise rotation.
  • Les entorses ligamentaires : les ligaments latéraux sont malmenés lors d’une glissade incontrôlée ou d’une chute à allure réduite.

À la fin de la journée, le genou caracole en tête du podium pour les traumatismes, loin devant poignet ou cheville. Fatigue accumulée, qualités de neige fluctuantes, matériel mal ajusté : le cocktail qui précipite trop souvent l’accident.

Prévenir les traumatismes du genou : conseils avant, pendant et après le ski

La prévoyance commence bien avant de prendre le télésiège. Renforcer quadriceps, ischios et fessiers, c’est offrir des appuis solides aux genoux. Un programme sur plusieurs semaines, alternant musculation et exercices d’équilibre, prépare à la résistance sur piste. Les médecins conseillent de consulter avant toute reprise si l’on sort d’une période d’inactivité ou d’un antécédent de blessure.

Une fois skis aux pieds, rester attentif devient primordial dès les premiers virages. Les réglages des fixations doivent coller à la morphologie et au niveau du skieur : trop rigides, elles ne se libèrent pas lors d’un choc inattendu, laissant les ligaments encaisser le choc. Adapter sa vitesse, anticiper la qualité de la neige et l’affluence sont la règle. Les signaux d’alerte, jambes lourdes, baisse de vigilance sous le froid, méritent toute l’attention, car la fatigue favorise la faute de technique qui mène à la chute.

La récupération ne se néglige pas en fin de journée : étirements, hydratation et pause permettent aux tissus de rester souples et fonctionnels. Dès qu’une gêne inhabituelle ou une douleur persistante dans le genou se manifeste, il ne faut pas attendre pour consulter. Préparation physique appliquée, rigueur sur le matériel et vigilance en descente garantissent un séjour bien maîtrisé.

Femme assise dans un lodge de ski se massant le genou

Reprendre le ski en toute sécurité après une blessure au genou : étapes et précautions

Après une blessure au genou, la reprise sur les pistes demande du discernement. Rééducation d’abord, sans brûler les étapes. L’articulation, fragilisée par une lésion ou une chirurgie, doit retrouver souplesse et puissance sous la houlette d’un professionnel formé. Un suivi avec un spécialiste du sport assure les meilleures chances de reprendre dans de bonnes conditions.

Avant le retour sur les skis, plusieurs points sont à valider :

  • Obtenir la confirmation d’une stabilité articulaire suffisante grâce à des tests supervisés,
  • Revenir progressivement au sport, en variant les activités comme le vélo, la nage et les exercices de stabilité,
  • Prendre l’avis d’un médecin avant tout retour en altitude ou lors d’une première descente après blessure.

Adapter le matériel fait aussi la différence : fixations réglées pour un déclenchement rapide, genouillère calibrée, échauffement rigoureux avant chaque départ. La reprise doit se faire sur des pistes faciles pour commencer, sans aller chercher l’exploit. Prendre le temps de s’arrêter régulièrement réduit le risque de rechute. Un genou déjà testé garde la mémoire des chocs passés, mais avec préparation et précaution, il retrouve sa place sur la neige.

Bientôt, la montagne s’offre à nouveau, pleine de promesses et d’incertitude. Difficile de résister à son appel, mais la prochaine descente se négociera toujours avec des genoux que l’on veut solides… et un peu plus avertis qu’hier.

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