À Roland-Garros, aucune rémunération directe n’est versée aux ramasseurs de balles. Seules quelques compétitions internationales attribuent un salaire, mais la majorité des tournois majeurs fonctionnent sur la base du bénévolat, assorti d’avantages matériels.
La sélection reste stricte, avec plusieurs milliers de candidatures chaque année pour quelques centaines de places. En plus d’un encadrement rigoureux, les jeunes bénéficient d’une expérience valorisante, mais les conditions de travail imposent des exigences physiques et une discipline sans faille.
Le rôle essentiel des ramasseurs de balles à Roland-Garros
Sur les courts de la porte d’Auteuil, le ballet des ramasseurs de balles ne passe pas inaperçu, mais leur véritable impact se ressent surtout dans la fluidité du jeu. Pas question d’improviser : la fédération française de tennis orchestre tout avec une précision remarquable. À Roland-Garros, chaque ramasseur anticipe, observe, s’efface. Leur rôle va bien au-delà du simple ramassage : servir, assister, accélérer le tempo pour les meilleurs joueurs et joueuses du circuit mondial.
La discrétion et la rigueur s’imposent comme des marques de fabrique. Leur synchronisation et leur capacité à se fondre dans l’atmosphère sont décisives pour maintenir l’intensité d’un match. Les gestes sont rodés, répétés, chaque mouvement pensé pour éviter la moindre interruption sur la terre battue. Derrière ce ballet, une formation exigeante : tests d’adresse, d’endurance et de travail d’équipe, tous supervisés par la FFT. Le Grand Chelem parisien cultive ainsi une tradition : celle de compter sur les ramasseurs les plus aguerris du tennis mondial.
À Roland-Garros, le ramasseur n’est pas un simple figurant. Il cadence le jeu, protège la concentration des joueurs, veille à la dynamique de chaque échange. Cette expérience donne accès aux coulisses du tennis d’élite et permet de vivre la tension d’un tournoi majeur de l’intérieur. Les professionnels eux-mêmes saluent ce rôle clé, conscients qu’un service rapide ou une balle remise sans hésitation peut faire la différence.
Qui peut devenir ramasseur de balles et comment sont-ils sélectionnés ?
Intégrer la petite armée des ramasseurs de balles relève d’une mécanique minutieuse pilotée par la fédération française de tennis (FFT). Pour postuler, il faut avoir entre 11 et 16 ans et détenir une licence de tennis en cours de validité. Chaque année, la FFT enregistre entre 4 000 et 7 000 candidatures, pour un nombre de places limité.
Voici comment s’organise la sélection :
- Des tests physiques pour évaluer rapidité et endurance ;
- Des ateliers techniques pour juger l’adresse et la qualité des gestes ;
- Une observation de la gestion du stress et de la capacité à travailler en équipe.
La taille du candidat peut compter, mais l’agilité et la capacité à se déplacer autour des courts priment. Au bout de plusieurs mois de sélection et de stages, seuls 250 à 300 jeunes décrochent leur place pour la quinzaine à Roland-Garros. Ce faible taux de sélection souligne l’exigence du processus. La FFT ne s’arrête pas là : la formation continue assure des échanges aussi fluides que possible, tout en respectant les standards internationaux. Certains ramasseurs interviennent ensuite sur d’autres tournois ATP et WTA organisés en France, prolongeant ainsi leur expérience au-delà de Roland-Garros.
Salaires et avantages : ce que gagnent réellement les ramasseurs chaque année
Aucune fiche de paie, pas de virement à la fin du tournoi. À Roland-Garros, le ramasseur de balles agit en tant que bénévole, selon une tradition chère à la fédération française de tennis. Contrairement à leurs homologues de l’US Open, qui perçoivent une rémunération horaire, ou de Wimbledon où une gratification symbolique existe, le bénévolat prime à Paris. Ici, la reconnaissance s’exprime autrement.
La dotation fournie chaque année n’est pas négligeable : chacun reçoit une tenue officielle complète, le fameux brassard coloré, des chaussures parfois griffées par les sponsors, des repas quotidiens ainsi que des titres de transport. On y ajoute des souvenirs : accessoires collectors, petits objets offerts par les partenaires du tournoi, équipements sportifs, autant de marques d’attention qui restent.
Mais l’expérience va bien au-delà des objets reçus. Les ramasseurs accèdent aux coulisses du tournoi Roland-Garros et vivent au plus près des stars du tennis mondial. Cette immersion, impossible à tarifer, laisse des souvenirs inoubliables. Certains, devenus experts, sont sollicités pour d’autres compétitions en France ou à l’étranger. Finalement, la passion et la fierté de participer constituent la meilleure récompense.
Entre passion, efforts et contraintes : les réalités du quotidien sur les courts
Sur la terre battue de la porte d’Auteuil, la routine d’un ramasseur de balles se déroule loin du tumulte médiatique. Dès le matin, ils rejoignent le stade Roland-Garros, traversant les allées encore calmes pour rejoindre leur vestiaire. Tout est organisé : chaque groupe connaît à l’avance sa mission, que ce soit sur le monumental Philippe-Chatrier, sur le Suzanne-Lenglen, ou sur un court annexe où la tension reste palpable.
Le rythme ne faiblit jamais. Échauffement collectif, briefings, succession de matchs : la journée s’enchaîne au millimètre près. Les tâches exigent réactivité, coordination et concentration. Ramasser les balles, anticiper les déplacements des joueurs, se faire oublier tout en restant attentif : chaque geste compte, chaque posture doit rester impeccable. Les instructions s’enchaînent, la fédération française de tennis surveille. Un faux pas suffit à perturber le rythme ou à casser l’élan d’un échange.
La fatigue s’installe au fil des jours. Les pieds chauffent, les muscles deviennent lourds, la lassitude pointe parfois. Pourtant, la proximité avec les meilleurs joueurs et joueuses du tennis mondial nourrit la motivation du groupe. Un clin d’œil de Jannik Sinner ou Carlos Alcaraz, la tension d’un match décisif, la ferveur du public : ces moments marquent chaque ramasseur. Au cœur de cette expérience hors-norme, la discrétion s’impose, la passion reste le moteur, et le souvenir, impérissable.


